Le Malawi a dit non

Publié le par mailan

Du temps ou je travaillais pour un bailleur de fonds, il y a quelques années, je me souviens avoir assisté à une réunion qui m'avait frappée. Les propositions du Gouvernement (eh oui, par ici le Gouvernement ne décide pas toujours, il propose aux bailleurs de fonds) de subventionner les intrants agricoles (engrais, semences), s'étaient fait vertement détruire en flamme par les "experts" et autres "bailleurs de fonds".

Exit les subventions agricoles. Ca m'avait frappée, venant d'un pays où, après tout, l'agriculture repose et survit en grande partie sur les subventions agricoles.

Alors je veux bien croire que la faim dans le monde ne vient pas du manque de nourriture, mais du manque de capacité de transport et stockage à l'intérieur de certains pays, et surtout de la pauvreté qui fait que les gens n'ont pas de quoi acheter de quoi manger.

Je veux bien aussi considérer que la priorité au Rwanda est la réforme de l'accès a la terre, avec une surface moyenne d'exploitation de 0.1ha.

Mais quand meme, je trouve l'exemple du Malawi très interessant. Voir cet article du courrier. Ou comment les pays développés et autres organisations internationales se sont fait prendre la main dans le sac à donner des conseils qu'ils n'appliquent pas eux mêmes chez eux. Et comment le Malawi les a remis à leur place.

Dans le genre faites ce que je dis pas ce que je fais, j'en ai vu des vertes et des pas mures en 3 ans:
- la France qui dit qu'un mandat présidentiel de 7 ans c'est vraiment trop long
- les US et l'Europe qui sont contre les subventions agricoles
- les bailleurs en général qui poussent pour un cadre des dépenses à moyen terme (budget préparé sur trois ans), basé sur les résultats, alors qu'aucun d'entre eux n'arrive à se dépatouiller pour le mettre en oeuvre correctement chez eux

et ils ont meme pas honte! pourquoi? parce que la plupart du temps les rigolos (et j'en fais partie) qui gèrent l'aide au développement n'ont jamais travaillé dans ces secteurs dans un pays développé et donc ignorent grossièrement ce qui se fait dans leur propre pays en la matière.

Publié dans outside rwanda

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