Goma, premières impression
J’arrive de Kigali, 4h de bus, la saison des pluies fait flamboyer les différents tons de vert à travers les collines. Passage à Ruhengeri, 5 volcans se découpent nettement dans la brume, grandioses. Sur la route, les inondations dont vous avez sûrement entendu parler – ah tiens pour une fois qu’on a parlé de l’Afrique au 20h, c’était bizarrement par rapport à la dernière catastrophe humanitaire en date. Champs en cuvette et en argile, récoltes immergées, toits qui flottent au dessus des champs, paysans qui marchent sur les toits. C’est la désolation.
A la frontière, le douanier rwandais me demande où je travaille… j’ai du mal à m’habituer à l’idée de ne pas avoir de réponse ! et comme je ne retrouve plus le passé de « travailler » en kinyarwanda, allez, on va faire comme si j’y étais encore… mais c’est la dernière fois, on ne m’y reprendra plus !
Arrivée à Goma.
Dès les premières secondes de ce coté ci de la frontière, première surprise. Alors que je m’attendais à peu de nationalisme de la part des congolais, vu que la capitale est à plus de 2000km de là, vu que l’Etat est loin de remplir ses fonctions correctement… eh ben voyez vous ca, a 18h30 sonnantes et trébuchantes, la ville s’immobilise, et maintient une minute de silence pour le lever du drapeau ! et pas question d’y couper !
On reprend notre marche après cette pieuse minute, et que croise-t-on, un vélo en bois – tout en bois – qui transporte des poulets, à tort et à travers. Ces vélos, cela ne vous dira peut être rien. Pour moi, c’est un nouveau signe que je suis bien de l’autre coté de la frontière. Au Rwanda, ils ont été interdits, tout au moins sur les grands axes et en ville. On en aperçoit quelques uns furtivement, au fin fond des collines. Ici, ils sont partout, moyen idéal de transporter de lourdes charges. Je les aime ces vélos, extraordinaires d’inventivité, robustes, qui transportent des poulets aussi bien que des cochons, des tôles ondulées aussi bien que des jerricans de bière de banane. Tiens a propos, il faudra que j’enquête, c’est quoi l’équivalent congolais de l’urwarwa (??) rwandais?
Samedi, première exploration gomalienne. On part en moto-taxi – ouf, la poussière noire, volcanique, nous recouvre de la tete aux pieds. Centre ville, ca bouge, ca vit. Musique congolaise (rrrrrrrumba !) en fond sonore depuis un magasin de cd, supermarchés qui débordent sur les « trottoirs » (ah, soupir, les trottoirs de kigali…), coulée de lave du volcan qui a surélevé tout le cœur de la ville de deux bons mètres… mais hakuna matata, on s’installe au deuxième étage des maisons, et la vie continue. Au fond de l’avenue principale, enveloppé de brume, le majestueux nyragongo, et son panache de fumée qui part vers l’ouest, toujours vers l’ouest. On arrive à Himvi, quartier chic le long du lac. Superbes maisons, vue magique sur les collines Rwandaises qui ondulent sur l’autre rive.
Pour l’instant, je découvre Goma par petits morceaux. Je profite de cette semaine de vacances improvisées pour lire – immergée dans la recherche d’un « suitable boy », je suis autant en Inde qu’ici au cœur de l’Afrique, déroutant – rattraper le retard de sommeil accumulé en deux ans de levers à 6h, profiter de la vue sur le lac et les collines rwandaises à toute heure de la journée. A suivre.