shooting dogs

Publié le par mailan

Ouh la la j'en ai accumulé des trucs à vous raconter ! tellement que je les ai tous oubliés ...

bon je vous les raconterai petit à petit ... mais pour continuer dans mon kigali-scope, il faut que je commence par la soirée d'hier.

Première au Rwanda de Shooting Dogs, le dernier film en date sur le génocide rwandais. Décidément, c'est à la mode. Les autres films récents dans la meme veine - si vous voulez vous faire la totale avant de venir ici - sont bien sûr Hotel Rwanda, mais aussi Sometimes in April et 100 days. Pour les Belges un docu parait il tres bien fait passe ce soir a la télé: 'les collines parlent' (ben voilà, je vous fais votre programme télé !).

Revenons ens à Shooting dogs... Pour vous situer la scène (pas la scène du film, la scène de notre soirée ciné), on est arrivés bien deux heures en avance (y'avait des rumeurs comme quoi le président devait venir, ce qui implique (1) arriver deux heures à l'avance sous peine de rester coincé dehors; (2) ne pas prendre son telephone sous peine de se le faire confisquer  - j'imagine que c'est au cas ou y'ait une bombe dedans ?? ) enfin bref...

... PK n'est pas venu ... on a poireauté deux heures pour rien dans les tribunes, sous la pluie, sans téléphone, à regarder l'écran gonflable osciller, vasciller, tomber et se relever... passionnant vous me direz. Bien frigorifiés, on a ensuite eu droit aux discours officiels, réalisateur, ministre des sports (et de la culture) - de son petit nom le ministre MIJESPOC. Encore une bonne scéance de mitraillage intensif qui nous laisse aveuglés par tous les flashs et autres spotlights de caméras vidéo (on etait assis juste derrière les stars) ... rappelez moi ce moment si un jour je vous annonce que je veux devenir star de cinéma...

Le film commence enfin... déception, comme on est dans un stade, vide qui plus est, l'écho est omniprésent et ... on ne comprend rien ... c'etait bien la peine...

Enfin on a quand meme vu les images, et meme si on les a vues dix fois, images d'archives, documentaires, elles restent toujours aussi choquantes. Comment les tueurs ont-ils pu perdre la tête au point de massacrer leurs voisins, leurs amis, leurs familles de façon aussi sauvage ? Comment l'ONU a-t-elle pu se retirer alors qu'elle représentait le dernier espoir de survie de milliers de personnes?

Images d'autant plus choquantes ici, à Kigali, dans le 'stade de la paix', entourés de 5 à 10.000 rwandais. Ce qui m'a le plus frappée ? le silence pesant qui tombait sur le stade dès que les images montraient les victimes, les corps mutilés, abandonnés sur le bord de la route.

Ce matin je regardais la ville autrement. Mais je n'arrive pas à superposer les images, entre cette ville terrain des gangs armés de machettes, corps en travers de la route, et la ville d'aujourd'hui, vivante, vibrante, rassurante.

L'histoire du film, je n'ai pas trop accroché, j'avoue. Entre les tergiversations du jeune premier européen (dois-je partir, dois-je rester) et la trouille des soldats de l'ONU (mon mandat est de monitorer le processus de paix, pas de protéger les innocents). Mais il faut le voir je crois pour arriver ne serait-ce qu'a commencer à comprendre l'horreur du comportement de l'ONU pendant le génocide.

Voilà, conclusion je vous le recommande quand meme - mais que ca ne vous enlève pas votre envie de venir voir le Rwanda d'aujourd'hui !

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Publié dans bla bla

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C
Perso, j'ai vu Hotel Rwanda... Qui m'a rappelé la liste de Schindler ! Et que, ados, j'ai refusé d'apprendre l'allemand parce que je ne voulais pas apprendre la langue ceux qui avaient pu faire ça ! <br /> En grandissant, j'ai compris ce qu'était la folie collective et qu'on ne pouvait tenir tout le monde pour responsables... <br /> Mais quand je vois mes élèves se transformer en pseudo manifestants hystériques, je me dis que cela tient à pas grand chose !
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